Imaginez le monde de 2018. La fin du monde de 2012 n’a pas eu lieu mais on se demanderait presque si c’est un bien. Surtout, Google règne en maître absolu sur le monde, imposant ces diktats et ces décisions aux États qui ne deviennent alors que des fantoches à la solde d’une multinationale tentaculaire et immorale. Imaginez un monde régit par un homme paranoïaque, dont la seule vision du monde est l’amélioration de l’humain et l’immortalité de l’âme, quitte à bafouer toutes les lois (dont la bioéthique, entre autres). Bienvenue dans la démocratie Google !
C’est le prédicat qu’ont fait les 2 auteurs de ce roman d’anticipation quelque peu exagéré, David ANGEVIN et Laurent ALEXANDRE. Pour la partie vérité, oui, Google a investi quelques millions de dollars dans une société de biotechnologie, 23AndMe, gérée par Anne Wojcicki, épouse de Sergey Brin. Ledit Sergey Brin qui a fait tester son ADN et y a trouvé des prédispositions pour la maladie de Parkinson. On va maintenant pouvoir passer à l’exagération de l’histoire. En 2018, non seulement tout le monde se fait tester son ADN, mais en plus tout le monde se le fait bidouiller. Palier à certaines maladies, une prédisposition à prendre du bide, à faire du cholestérol, etc. De la même manière, on peut “commander” le sexe de son futur marmot, la couleur des yeux, l’intelligence, etc. Le brassage génétique et la sélection naturelle ne se produisent plus et l’être humain peut alors devenir une sorte de super-animal ne souffrant de presque plus aucune maladie. Parallèlement, une sorte de résistance à ce mouvement se crée. Des groupes de terroristes s’organisent pour contrecarrer les plans des “transhumanistes”. C’est ainsi que Larry Page trouve la mort, tué en pleine rue par un extrémiste opposé à la modification de l’ADN. Sergey Brin, dont la maladie de Parkinson s’est déclarée, sombre à plus ou moins court terme dans une folie furieuse teintée de paranoïa, tout en restant à la tête de l’entreprise de Mountain View. Son but ultime, l’humain 3.0, l’intelligence artificielle, mais à quel prix ?
Extrêmement exagéré, ce livre pointe du doigt les dérives potentielles du système Google. En effet, imaginez un monde où la démocratie soit dictée par Google ? Pour ma part, je conseille, rien que pour le côté polar technophile, c’est un bon millésime. Pour le reste, c’est au regard de chacun de juger ce qui tient de l’excès, ou pas.
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